Un forum régional sur litinérance à Drummondville

Un premier Forum régional sur l'itinérance se tient aujourd'hui en Mauricie et au Centre-du-Québec. Il se déroule à Drummondville, au Best Western.

200 intervenants sont attendus sur place pour échanger sur la réalité de l'itinérance d'un point de vue local.

Itinérance en région: un problème caché, mais bien réel

Selon les derniers rapports publics sur la situation à Drummond, l’errance est moins visible et plus diffuse. 

Les organismes affirment voir de plus en plus de jeunes parents en difficulté face à leurs nouvelles responsabilités. De nombreuses fugues d'adolescents sont aussi répertoriées.

L'exclusion de plusieurs personnes itinérantes de la région serait aussi amplifiée à leurs sorties des institutions.

Le Refuge La Piaule, l'Ensoleilvent et Habit-Action, des organismes de Drummondville qui oeuvrent dans le domaine, prendront notamment part au forum aujourd'hui.

Jean-Marie Lapointe présentera aussi ses réflexions sur l'itinérance lui qui est l'animateur de la série télévisée Face à la rue.  

Litinérance est peut-être un problème moins visible en Mauricie et au Centre-du-Québec, mais elle nen est pas moins présente.

Partager Itinérance en région: un problème caché, mais bien réel Paule Vermot-Desroches Le Nouvelliste Partager DRUMMONDVILLE — Litinérance en région, on a limpression que cest un problème qui est peu présent parce que cest quelque chose qui est caché, quon voit moins. Cest en ces mots que Francis Lacharité décrit la difficulté à chiffrer le phénomène de litinérance en Mauricie et au Centre-du-Québec. Le coordonnateur terrain pour lorganisme de travail de rue Refuge la Piaule de Drummondville prenait part, mardi, au tout premier Forum régional en itinérance. Lactivité, qui a réuni plus de 175 intervenants de tous les milieux à Drummondville, visait tant les ressources communautaires quinstitutionnelles qui sont interpellées de près ou de loin pour lintervention auprès des personnes itinérantes ou en rupture sociale. Du Haut-Saint-Maurice jusquaux extrémités régionales de lautoroute 20, il a été possible de constater que les efforts déployés pour parvenir à une meilleure concertation de tous les services nont dégal que les besoins des clientèles vulnérables qui sont toujours plus grandissantes.

Pour avoir des statistiques, il faut être en lien, et nous ne sommes pas forcément en lien avec beaucoup de ces personnes-là. Pour une personne qui consulte dans nos services, assurément, il y aura une dizaine de personnes qui nauront pas accès aux services, constate le docteur Samuel Blain, médecin-conseil en santé publique et chef de service du volet médecine de proximité pour le CIUSSS-MCQ.

Pourtant, le besoin est réellement là. Lan dernier, Le Havre de Trois-Rivières recevait plus de 1000 demandes daide. La Piaule de Drummondville enregistrait 450 demandes, alors que le Hamac de Shawinigan comptait plus de 270 admissions.

Ainsi, toute la journée mardi, les participants ont profité de cette occasion privilégiée de se retrouver tous sous un même toit afin de discuter des différentes actions à poser pour une meilleure concertation, une meilleure prise en charge, en plus de découvrir les dernières initiatives régionales en matière de santé mentale, ditinérance et de situation de rupture sociale pour améliorer davantage les interventions.

La réalité, toutefois, de cette planification, est bien différente dans une région comme la Mauricie et le Centre-du-Québec que, par exemple, sur lîle de Montréal, constate Samuel Blain. La particularité, cest le territoire. Dans le CISSS du Centre-sud de Montréal, qui est un tout petit territoire, il y a autant dintervenants que pour le territoire de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Si on veut mieux rejoindre cette population, il y a lenjeu détalement du territoire, lenjeu de proximité. Si on veut créer des espaces interprofessionnels, il faut développer des nouvelles stratégies, comme le numérique, des plates-formes virtuelles, cite-t-il en exemple.

Jean-Marie LapointeLes participants à ce premier forum ont par ailleurs eu la chance de recevoir une tape dans le dos de lanimateur et conférencier Jean-Marie Lapointe, qui a récemment animé la série documentaire Face à la rue sur les ondes de Canal Vie, une série qui a mis en lumière la réalité de litinérance en donnant la parole aux personnes dans la rue tout comme à celles qui travaillent et interviennent quotidiennement auprès de ces personnes.

Jai voulu quon sintéresse à ces gens-là, leur rendre hommage. Si on ne le fait pas, qui va le faire, sest demandé lanimateur, rappelant que trop souvent, le réflexe commun est de détourner le regard, espérant mettre rapidement fin à ce sentiment de malaise.

Face à la rue mamène beaucoup de guérison. Je suis persuadé que vous aussi, vous vous faites du bien en étant là. Il y a des choses quon soigne en silence à lintérieur de nous. On vit souvent de limpuissance car on voit le potentiel des gens en face de nous, mais parfois les gens ne sont pas prêts à avancer, a fait remarquer Jean-Marie Lapointe, qui a invité laudience à aller trouver les personnes en situation ditinérance là où elles sont, et de commencer à les aimer là où elles sont.